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Schéma de la formation continue 2019-2022

jeudi 14 novembre 2019

Lors des discussions préparatoires, la FSU a réussi à imposer la prise en compte des demandes des personnels dans les plans de formation. Il revient maintenant aux sections départementales d’agir aux niveaux académique et départemental pour que les plans de formation ne se limitent pas à « l’accompagnement des réformes », mais prennent réellement en compte les demandes des personnels comme le prévoit la circulaire du 29/09/2019, en intervenant notamment dans les nouveaux « conseils académiques de formation » et dans les CTA.

I - Les Principes

  • Le Schéma s’adresse à tous les personnels de l’Éat qui participent au service public de l’éducation : professeurs, inspecteurs pédagogiques, personnels de direction, personnels d’éducation et d’orientation, personnels administratifs, techniques, sociaux, de santé, personnels d’accompagnement (AED, AESH) ;
  • Il traduit « le nécessaire continuum entre formation initiale, formation continuée [entrée dans la carrière] et formation continue » ;
  • Les actions doivent être menées « aussi souvent que possible en proximité » et en « lien avec le service RH de proximité » ;
  • La formation continue doit se développer en diversifiant les viviers de formateurs : cadres pédagogiques du ministère, formation par les « pairs » (tutorat), « intervenants extérieurs, notamment dans un cadre interministériel, partenarial ou en lien avec l’Enseignement Supérieur et la Recherche » ;
  • La formation continue doit être aussi souvent que possible certifiante ou diplômante ;
  • Toutes les modalités sont envisagées : en présentiel, distanciel, hybride, collective, individuelle.
  • L’objectif d’assurer la « traçabilité » des formations suivies est fixé, « pour accompagner les carrières ».

II - Les orientations 2019-2022 se déclinent en 3 axes

  • Axe 1 : « Se situer dans le système éducatif »
    [objectif : 100% des personnels sur les 3 ans]
    Concernant cet axe, la formation continue portera sur :
    - L’instruction obligatoire à 3 ans ;
    - Les réformes du 2nd degré ;
    - La déontologie de la Fonction Publique ;
    - La culture juridique et les fondamentaux du droit.
  • Axe 2 : « Se perfectionner et adapter ses pratiques professionnelles »
    [objectif : 100% des personnels sur les 3 ans, sur tout ou partie de l’axe 2]
    Cet axe est décliné selon les publics.
    Pour « Tous », on trouve : les valeurs de la République et l’école inclusive, ou encore « travailler en mode projet et favoriser la création de collectifs de travail ».
    Pour « Les personnels pédagogiques », au-delà des programmes du 2nd degré, du numérique et de l’éducation artistique et culturelle, on trouve :
    - Les fondamentaux à l’école primaire ;
    - Les diverses approches pédagogiques dont celles liées à l’apport des sciences cognitives ;
    - Les évaluations nationales des élèves : faire de l’évaluation un levier d’amélioration des pratiques professionnelles ;
    - La prise en compte dans les apprentissages de la diversité des élèves.
  • Axe 3 : « Être accompagné dans son évolution professionnelle et valoriser ses compétences »
    Cet axe concerne les personnels qui souhaitent « connaître des évolutions professionnelles, soit au sein du ministère, soit en dehors de celui-ci, de manière temporaire ou définitive ».
    [Objectif : 10 à 20% des budgets de la Formation continue doivent y être consacrés dans les académies]

III - Modalités de mise en œuvre

Au titre du budget hors titre 2, le ministère « souhaite engager un montant similaire en 2020, le temps de la mise en place du dispositif, ces crédits étant appelés à augmenter en 2021 et 2022 »… sans plus de précision.
Les opérateurs qui participent à la formation continue, outre l’administration centrale et les académies, sont : l’institut des hautes études de l’éducation et de la formation (IH2EF), les INSPÉ, le réseau Canopé.
Le schéma directeur donne lieu à une déclinaison annuelle, nationale et territoriale.
Le plan national privilégie la formation des cadres, la formation de formateurs, le développement de réseaux nationaux et académiques de formateurs.
Le plan académique de formation, décliné selon les orientations du schéma directeur, « doit répondre de manière très concrète aux besoins réels des personnels dans l’exercice de leur métier ainsi qu’à leurs demandes. » Un dispositif de collecte des demandes des personnels, qui s’appuie « notamment sur le réseau des conseillers RH de proximité », est mis en place.
Un conseil académique de formation est créé. Présidé par le recteur ou son représentant, il réunit le directeur des ressources humaines, les responsables académiques en charge de la formation initiale et continue de tous les personnels intervenant dans l’académie, des représentants des opérateurs de formation de l’académie dont le directeur de l’INSPÉ ou son représentant et des représentants de tous les personnels. « Sans préjudice des attributions du comité technique académique en matière de formation », le conseil académique de formation est consulté sur la mise en œuvre du plan académique de formation, de son élaboration à son bilan.

Les principaux éléments portés par la FSU au cours des discussions :
- La FC doit contribuer à la lutte contre les inégalités sociales et territoriales en matière de réussite scolaire. Pour la FSU, la formation continue ne peut en aucun cas se confondre avec « l’accompagnement des réformes » : or, la centration des actions de formation sur l’explicitation des réformes tend à substituer l’exigence de conformité aux injonctions plutôt que l’exigence de compétences didactiques et pédagogiques qui est le levier majeur de la démocratisation de la réussite.
- Les plans de formation continue doivent partir de la demande (y compris collective) des personnels ; « la demande » ne se confond pas avec les besoins déterminés par l’institution. Cet aspect a été pris en compte dans le texte définitif ;
- Sur le terrain, dans le 1er degré, se généralise la « protocolisation » ; à l’opposé, la FSU revendique le renforcement des compétences professionnelles, et donc le sentiment de légitimité des personnels. Sur le plan des contenus, la centration sur « les fondamentaux » ne permet pas un enseignement satisfaisant de l’ensemble des programmes ;
- Nécessité d’un budget à la hauteur des besoins (pour assurer le remplacement) ;
- Sur la « traçabilité », la formation continue ne doit pas devenir un outil de développement du profilage généralisé des postes. Il doit revenir à l’agent de faire figurer dans son dossier les formations suivies, les certifications obtenues ;
- La problématique du développement de la « GRH de proximité » : quid du paritarisme (CAPD, CHSCT), du rôle des IEN dans le 1er degré ?
- La formation doit se dérouler en présentiel, sur le temps de classe.

IV - Conclusion

La version définitive du « Schéma directeur de la formation continue » a intégré la notion de « demandes des personnels ». L’enjeu est de ne pas laisser le MEN faire de la Formation Continue un outil de management au service de la politique éducative (« accompagnement des réformes »). La formation continue doit être l’outil du renforcement de notre professionnalité.
Il est donc très important que les représentant-es du SNUipp-FSU puissent intervenir, dans les nouveaux « conseils académiques de formation » et dans les CTA, en actionnant autant que possible le levier des besoins exprimés par les enseignant-es. Un recensement des demandes des personnels doit être effectué par l’institution. Les plans de formation doivent intégrer ces demandes dans les formations proposées.
Sans s’illusionner car le budget de l’Éducation nationale annonce une baisse de la formation continue, les représentant·es du SNUipp-FSU dans les instances académiques et départementales doivent contribuer à lutter contre une formation qui se réduirait à l’application de consignes et de protocoles. S’emparer de ce levier est déterminant dans notre lutte pour la sauvegarde des métiers, celui d’enseignant·e, mais aussi celui de formateur·rice. Ni les un·es ni les autres ne doivent être réduit·es à des fonctions d’exécutant·es.

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